John Baldessari

Films Transferred to Video

DVD PAL 58 minutes, 1972/77 / 37 €
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Le cinéma de Baldessari travaille en premier lieu l'espace du spectateur et ouvre le champ cinématographique à d'autres formes de langage, d'autres procédures de récit. Le défilement du film ne passe plus par une forme linéaire mais par une succession d'instants à la limite de l'arrêt, de la suspension, de la photographie. L'esthétique filmique de Baldessari se constitue ainsi tout autour de son travail conceptuel de la photographie, d'une obsession du non-lien, de la fragmentation, du trou. Les images sont des éléments à la fois autonomes et intégrés, des blocs de temps-image qui renvoient à un film toujours en chantier. Au spectateur de reconstruire et de projeter une structure, de constituer les séquences à partir de plans.

"Title" est certainement à ce sujet l'un des projets les plus radicaux. Une juxtaposition d'images, d'un extrême minimalisme, qui se suivent sans hiérarchie ni direction. Ici, Baldessari isole et décompose les éléments de construction d'un film classique. D'abord les objets, les personnages, les paysages, puis des plans qui associent deux figures et enfin l'amorce d'une action, d'un dialogue. Il montre ainsi les points précis de fabrication et de manipulation du sens, les artifices de l'espace-temps filmique.

Dans "6 Colorful Inside Jobs", il met en parallèle un double processus de vie et de création : peindre entièrement une pièce dans six couleurs différentes, chaque couleur du spectre correspondant à un jour de la semaine. Cette pièce qui fut d'abord une performance/installation intègre l'artiste comme figure burlesque face à l'histoire contemporaine, celle de la peinture américaine et déplace sa fonction vers celle d'un peintre en bâtiment. à travers cette forme d'ironie, Baldessari montre à quel point les instruments et les matériaux lui servent à définir des limites subtiles entre l'art et le travail, l'art et la vie. "4 Short Films" relève de ce même retournement ironique, quelque chose comme une association libre et absurde entre le temps, la matière et l'objet.

 

Baldessari’s cinema works primarily on the spectator’s space and opens up the movie-making field to other language forms, to other story telling procedures. The film’s no longer progresses through a linear form but rather through a succession of a near still, suspended, photographic moments.  Baldessari’s film aesthetic is built around his photographic conceptual work, an obsession around the lack of link, around fragmentation and gaps. Images are both autonomous and integrated forms, time-image units referring to an ever evolving film. It is up to the spectator to reconstruct and project a structure, to make up sequences from shots. On that subject, “Title” is without doubt one the most radical projects.  A juxtaposition of extremely minimalist images following each other without hierarchy nor direction. Here, Baldessari isolates and breaks up a classic film into its component parts.  First the objects, the characters, the landscapes, then frames associating two shapes and finally the beginning of an action, of a dialogue. This way he shows the precise making and manipulation of meaning, the tricks of cinematic space-time. In « Six Colorful Inside Jobs » he draws a parallel between a double process of life and creation. It is about painting a room in six different colors, each color of the spectrum corresponding to a day of the week. This work, which started as a performance / installation integrates the artist as a comic figure faced with contemporary history, with American painting and shifts his function towards that of a house painter. Through this form of irony, Baldessari shows to what extent instruments and materials help him define the subtle limits between art and work, art and life. “4 Short Films” is the product of the same ironic turnaround, something to do with a free and absurd association between time, matter and objects.

Contents.

  • 4 Short Films, (1971), 5’52’’
  • Title, (1973), 18’33’’
  • 6 Colorful Inside Jobs (1977), 32’53’’

Script

VHS PAL 58 minutes, 1974 / 37 €
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"Script" est le film de la répétition. Sept couples interprètent successivement les mêmes dix séquences, empruntées à différents scénarios hollywoodiens. Chaque couple ignore l'interprétation des autres. Le film est découpé en quatre parties : tout d'abord le défilement du script écrit, puis la performance entière de chaque équipe, suivie de la répétition de ces mêmes performances selon un regroupement par scènes et enfin la sélection des dix meilleures séquences. Les acteurs sont non professionnels (ses étudiants) et l'artiste déclare à ce sujet avoir voulu éviter de les diriger afin de préserver la vitalité et l'autonomie de chaque individu.

Ce projet travaille non seulement jusqu'à l'épuisement du spectateur l'effet de répétition et de dévidement du contenu narratif du film mais aussi l'espace projectif et subjectif propre au cinéma. L'effet majeur de Script tient à cette intuition que tout se produit à l'endroit du regard, de la perception, dans l'après-coup. Le résultat de ce projet n'est pas ainsi la somme de toutes les parties, mais l'élaboration d'un espace ouvert centrifuge qui propulse toujours ailleurs et indéfiniment chaque segment. Son cinéma devient alors un espace critique qui met en avant toutes les formes de manipulation du montage du cinéma commercial. La question du chantier ou du processus traverse par ailleurs toute cette partie de sa filmographie, une problématique redevenue singulièrement actuelle en regard des projets de toute une nouvelle génération d'artistes et qui pose aujourd'hui l'œuvre cinématographique de Baldessari comme une référence majeure.

 

”Script” is all about repetition. Seven couples play in turn the same ten sequences taken from different Hollywood scenarios. Each couple is unaware the others’ interpretations. The film is split into four parts: firstly the progression of the written script, then the entire performance of each team, followed by the repetition of these same performances according to a grouping by scene and finally the selection of the ten best sequences. The actors are non professionals (his students) and the artist has stated on that subject that he wanted to avoid directing them in order to preserve the vitality and autonomy of each individual.  This project not only works on the repetition effect and on the emptying of the film’s narrative content until the spectator drops with exhaustion but also on the subjective and projective space in cinema. The major effect in “Script” is due to this intuition that everything happens at the level of the gaze, of perception, after the event. The result of this project is thus not the sum of all parts but the elaboration of a centrifugal open space, which always flings each segment elsewhere and indefinitely. His cinema then becomes a critical space bringing forward all the forms of editing manipulation in commercial movie making. The matter of the ever evolving site, or of the process, also permeates this part of his filmography, an issue which has become particularly topical if one takes into account the projects of a new generation of artists who consider today that Baldessari’s cinematographic work is as a major reference.