Claude Closky

Les Pruneaux d'Agen

VHS PAL 10 minutes, 1995 / 37 €
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Dans la mythologie médiatique télévisuelle, les spots publicitaires pour les pruneaux d'Agen figurent parmi les images indicielles les plus représentatives de la société française contemporaine. Une seule image extraite de son ensemble - Une jeune fille parfaite devant un paysage idéal - reversée dans la sphère centrifugeuse de l'artiste, suffit à ce que tout de cette scène banale et familière déraille, dérape et se dévide. La logique discursive de Claude Closky, à travers ses vidéos et plus généralement dans l'ensemble de son travail (dessins, CD, livres, assemblages), procède par poussées successives ou déplacements infimes de logiques commerciales et propagandistes préalables. Inventaires méthodiques, déroulement sériel de familles et sous-ensembles, déclinaisons objectives, montage systématique, lectures de bottin, etc., Claude Closky ouvre sur un quotidien absurde, de faux principes d'ordre, juste du temps ou de l'espace, un vide en forme de cercle, de cube, de ligne ou de spirale. A l'image de ces jeux d'enfants géométriques destinés à leur éveil, on est tenu à un vocabulaire de base entièrement désossable, d'énumérer avec méthode les couleurs, les formes, les matières, de faire l'expérience de la chose et de la machine, du langage et de son bégaiement.


200 Bouches á Nourrir

VHS PAL 30 minutes, 1994 / 37 €
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200 bouches à nourrir, c’est peu quand on connaît l’immensité des besoins à couvrir et pourtant déjà un marché pour les professionnels de la communication, les industriels et autres sorciers de la société de consommation. Se nourrir, dit-on, serait un acte pauvre, un lieu commun mais aussi un geste culturel double de survie et de sociabilité, un acte paradoxalement vide et obscène, qui indexe simultanément le corps réel et le corps social et qui signifie parfois le luxe, souvent le plaisir, toujours la nécessité. Face à ce vertige d’images et de figures possibles, de constructions virtuelles, face à tout ce que ce non-événement peut produire de sens, de littératures, d’études, en bref de sémiologies, la machine à dévider les signes de Claude Closky intervient à l’endroit d’un degré zéro, d’une trouée physique et fantasmatique: la bouche comme prolongement du regard, l’oralité et la pulsion scopique. Ce corpus, constitué à partir d’un ensemble d’une dizaine d’heures de publicités enregistrées à la même époque, s’articule ainsi autour d’un principe de travail extrêmement strict : sectionner l’image entre deux points précis, entre le moment où l’objet est porté à la bouche et celui de son absorption. A travers ce catalogue de gestes, l’absurdité de cette règle du jeu, Claude Closky met en perspective avec une parfaite économie l’ironie de son propre exercice de montage, ce qui se produit de trouble et de gêne dans la répétition - quand toute image aussi insignifiante soit-elle se retourne sur elle-même - enfin, l’étrangeté intensive, rythmique et fictionnelle de ces images déjà-vues.


Photos

VHS PAL 8 minutes, 1994 / 37 €
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video cover Photos, c’est l’effet-Méduse délivré de sa théâtralité. A partir d’une même stratégie de dissection, de montage et de déroulement sériel, Claude Closky prélève dans un corps d’images données-trouvées - celles des spots publicitaires - une autre image imperceptible dans le défilement de la séquence, une image en creux qui se retourne sur le spectateur, celle précisément d’un regard-à-la-caméra. C’est à l’instant précis où l’image se regarde être vue que le geste de saisie opère, gèle, pétrifie, c’est à dire à l’endroit d’une figure interdite. Parmi tous les codes de censure qui réglementent depuis les débuts du cinéma l’industrie de production des images, il n’a cessé d’être question de cette impossibilité à rompre l’effet de réel, de croyance et de fascination par l’arrêt que représente ce regard qui se renverse sur la présence hors champ du spectateur et ainsi sur sa propre machine de représentation et de perception. Les garants de l’industrie du rêve voyaient en cet instant volé la menace d’une perte de crédulité, d’identification, de projection du spectateur. Le geste critique et l’impact de ce montage se reportent non seulement sur les traces de cette interdiction emblématique mais aussi sur tout un champ de réflexion, de théorie et de mise en pratique du rôle et du corps du spectateur vis à vis de l’œuvre d’art, implication physique et mentale qui constitue aujourd’hui la majeure partie des discours et théories, d’une certaine vulgat sur les enjeux et processus langagiers de l’art contemporain.