Signal
VHS PAL 32 minutes, 1998 / 37 €
Video Preview Small Preview / Large Preview | Image Still
|
Signal est ce qui reste et persiste d'un temps de production pris entre le direct et le différé, entre la performance et la projection. La nuit du 24 septembre 1997 quelque chose s'est en effet produit, quelque part, dans un espace public, une maison, un bureau, un couloir, comme un nouvel acte de résistance. Signal constitue un ensemble de séquences à la fois autonomes et contiguës, un corps global et fragmentaire qui se propage au-delà de ses propres limites . Des sas, des zones de confrontation, des hommes qui se frottent, luttent, dansent, récitent, proclament, s'acharnent sur un morceau de chair, sur une table ou à côté d'un autre écran, tout une communauté parallèle qui se met à éprouver un espace et un temps de vie, de désir, de création, à produire ses propres sujets. Là, il fallait chercher une nouvelle conception du travail, des limites entre les hommes, une façon d'enregistrer ce qui leur permet de penser, de se toucher, de s'affranchir ou de buter, de trouver une place malgré les autres, en dépit des forces et des structures d'exclusion. Dans son défilement achronologique on peut considérer le travail de Georges Tony Stoll comme une succession de temps projetés où les indices qui permettent habituellement de différencier les qualités et les natures d'images, entre la peinture, la photographie, la vidéo, le cinéma ou le texte, se brouillent et tombent progressivement selon un double processus de contact et de cochage. Dans sa photographie il y a toujours un peu le désir de la peinture, du cadre, de la toile. Dans la peinture le temps se libère et déborde. L'image vidéo est aussi une façon de tenter de fixer des tâches, des contours, des couleurs, et ailleurs de faire du cinéma à côté de sa ligne, de son infini ou de l'écran trop blanc, de retrouver peut-être la trace de son abstraction, de son inventivité première. Signal est comme une synthèse de tous ces mouvements de coexistence et d'oscillations. Le projet radical de créer une autre image désaliénée, tendue, qui force la lumière et désactive une certaine idée de la beauté, de l'ordre ou de la nature humaine. Ici, il faut penser un temps irréductible qui ne serait jamais le résultat d'un protocole savant, d'une mise en scène ou d'une théâtralité mais l'inscription visible d'un effort. |